Rencontre avec « Pierrot » Guilluy, Président du TAC Hockey, qui nous présente ce club, créé il y a 40 ans au cœur de la station balnéaire. L’occasion d’un tour d’horizon du club et de l’organisation d’une véritable fête du hockey français lors du week-end des 30 et 31 mai prochains.
Bonjour Pierrot, quel est ton parcours dans le hockey ?
Pierrot : J’ai 42 ans et j’ai débuté le hockey à l’âge de 6 ans en 1990, et oui, cela fait déjà 35 ans de licence ! J’adore ce sport que j’ai pratiqué majoritairement dans les équipes jeunes puis en équipe 2 du TAC. J’ai intégré le comité directeur du club il y a 7/8 ans en accompagnant mes jeunes enfants (10 et 12 ans aujourd’hui) qui sont nés avec une crosse dans le berceau… Je coache aujourd’hui les U14 et U12 et je suis président depuis 3 ans, en ayant pris la suite progressive de Bernard Coisne, désormais Président d’honneur du club.
Peux-tu me présenter le club du Touquet Athletic Club ?
Pierrot : Le club a été créé en 1985 par le regretté Eric Choteau, ancien joueur du Lille MHC, qui, installé médecin à Étaples, a voulu continuer à vivre sa passion du hockey au Touquet. Au démarrage, nous étions installés sur un terrain gazonné au Parc international de la Canche jusqu’en 1995, mais il nous a fallu opter pour un départ à Berck pour pouvoir continuer à jouer au haut niveau sur un terrain synthétique pendant 5 ans. Retour à la maison en 2000, lorsque nous nous sommes installés au centre sportif du Touquet avec un magnifique terrain synthétique de dernière génération qui vient d’être renouvelé. En effet, en novembre 2024, nous avons récupéré une des moquettes du stade Yves-du-Manoir dans le cadre de l’héritage des Jeux de Paris.
Le hockey sur gazon et Le Touquet… une longue histoire !
Pierrot : Hé oui, le hockey vit au Touquet depuis 74 ans au travers du fameux tournoi du Touquet de la Pentecôte qui va fêter sa 72ᵉ édition en mai prochain. Cette année, ce seront 40 équipes en provenance du Royaume-Uni, de Belgique, des Pays-Bas et de… France, réparties sur 4 terrains, 80 matchs, 5 catégories : élite, majeur, loisirs, féminin et master. Un monument de la vie touquettoise qui s’inscrit dans les grands événements locaux et rayonne au niveau européen. En plus, cette belle organisation fédère les membres du club et nous procure beaucoup de joie et de plaisir !
Comment êtes-vous organisés ?
Pierrot : Le TAC est un club omnisport dont j’anime la section hockey en relation avec Bernard, l’ancien président, François Grolet, Samuel Bigot, le trésorier, Bruno Terrier, le secrétaire général et bien d’autres. Nous sommes 170 licenciés avec une présence féminine en pleine augmentation (nous partions de loin…), soit 2 équipes féminines inscrites en compétition Nat2 et Rég2. Notre équipe fanion hommes, entraînée et coachée par Jonathan Laidez, évoluait en Nat1 cette saison et remonte en Élite la saison prochaine. Jouer en Élite n’est pas une première, nous y avons effectivement beaucoup joué dans les années 2010. Côté École de hockey, nous constatons un vrai déficit en U16 dû au Covid, mais nous avons bien relancé les catégories U14 et U12 qui performent aujourd’hui, à l’image de nos U12 qui ont été finalistes dans la ligue des Hauts-de-France la saison dernière.
L’avenir est assuré ?
Pierrot : Il y a du mieux et des motifs d’y croire, mais notre zone d’attractivité des jeunes est très restreinte (d’un côté la mer et de l’autre la campagne). Nous faisons le maximum pour faire découvrir notre sport et pour côtoyer les écoles locales ; en tant que papa touquettois, je peux dire que la majorité des jeunes ont déjà touché la crosse. Mais notre bassin est très limité, 1000 habitants maximum, et l’offre sportive touquettoise est énorme… C’est un combat permanent, d’autant plus que notre autre difficulté est de conserver les joueurs formés au club qui partent le plus souvent suivre des études dans les grandes villes universitaires régionales ou à Paris. Fort heureusement, il y a un fort attachement au club et à ses valeurs qui fait que de nombreux joueurs font l’effort de revenir jouer chaque week-end chez nous. Par contre, c’est plus compliqué pour augmenter le niveau car ces joueurs sont très peu présents aux entraînements… D’ailleurs, il y a une vingtaine d’années, nous nous entraînions entre Touquettois « exilés » sur les installations du Lille MHC un soir par semaine !
Depuis quelques années, le TAC se renforce avec des joueurs internationaux égyptiens ?
Pierrot : Oui, et ces joueurs sont formidables, ils sont très heureux chez nous et très présents dans la vie du club et pour l’école de hockey. C’est la 4ᵉ année que nous faisons appel à eux et ils sont désormais quatre (1 joueur par ligne) à tirer l’équipe vers le haut et à être très performants, en particulier en attaque et sur PC. Ils succèdent à des joueurs internationaux comme l’argentin Lucas Rossi ainsi qu’à trois joueurs pakistanais qui ont évolué au club et se sont illustrés lors des olympiades précédentes. Nous avions pris des contacts lors de la venue de l’équipe nationale d’Égypte pour la World League que nous avions organisée en 2019. Ce sont des coéquipiers très fidèles qui ont été démarchés de nombreuses fois en France et à l’international, mais ils apprécient l’ambiance du club et de la ville. Une relation gagnant/gagnant qui nous convient parfaitement.
Quelles sont les valeurs revendiquées par le club ?
Pierrot : Nous sommes un club familial, très attachant et qui développe un très fort sentiment d’appartenance. Un peu éloigné de tout, dans notre bulle touquettoise, nous sommes parfois comparés à un fameux village d’irréductibles gaulois (rires), une image qui nous colle un peu à la peau mais qui est de moins en moins vraie aujourd’hui ! Quand on est hockeyeur touquettois, c’est pour la vie… Prenons l’exemple d’Aristide Coisne, international français, qui est revenu au club après plusieurs saisons d’exil. Les membres du TAC sont très engagés, en particulier pour les événements (tournoi de Pentecôte, Easter Master, le premier tournoi de Pâques des Masters, préparation U18 de l’été dernier). Nos bénévoles sont notre force et ont bien compris que le club ne peut pas fonctionner tout seul et qu’il faut pouvoir beaucoup donner pour beaucoup recevoir. Tout cela se déroule sans prise de tête, dans une excellente ambiance, très festive.
Le TAC va organiser les phases finales Élite cette année ?
Pierrot : Oui et nous en sommes ravis. Notre ville, notre site et notre environnement sont propices à l’organisation d’événements de haut niveau. Raison pour laquelle nous avions postulé auprès de la FIH pour l’organisation de la Nations Cup masculine du mois de juin 2026, soutenue dans cette démarche par la Fédération et par la Municipalité. Notre candidature tenait la route mais n’a pas été retenue, l’organisation ayant été attribuée à l’Afrique du Sud. Dommage, partie remise, nous restons attentifs et très investis. Heureusement, nous avions également répondu à l’appel à candidature lancé par la CSN et notre candidature a été retenue pour l’organisation de ce week-end de fête du hockey français. Nous aimons et nous savons organiser, nous avons des installations au top (tout nouveau terrain issu des JO de Paris). Bien que notre équipe fanion n’y soit pas qualifiée, c’est une formidable opportunité pour les jeunes et pour le développement du hockey au Touquet. Cette organisation va renforcer la crédibilité de notre sport vis-à-vis de la municipalité. Et puis, d’une pierre deux coups, une semaine après le tournoi, le club sera déjà en configuration événementielle pour recevoir les finales U14 filles, seniors dames et hommes le dimanche, ainsi que l’Assemblée Générale de la fédération et la cérémonie des Étoiles du hockey français le samedi. Autour de ce week-end, nous avons déjà programmé des actions RSE, comme la présence du Café Heureux, l’invitation de l’EPEAM (École Parentale pour Enfants Autistes du Montreuillois), ainsi que l’organisation d’un Stade vers l’emploi en relation avec France Travail (sport le matin, déjeuner en commun, job dating l’après-midi). Ce sera la fête du hockey français à laquelle vous êtes tous conviés. Nous accueillerons également avec plaisir les bénévoles volontaires de la région qui le souhaiteraient.
Dernière question « traditionnelle », quels sont tes rêves les plus fous ?
Pierrot : Un rêve et désormais une réalité, celui de retrouver l’Élite avec notre équipe fanion hommes et aussi et surtout d’y rester de longues années ! Ce serait aussi de pouvoir disposer d’une équipe 2 capable de challenger les aînés et devenir ainsi pourvoyeuse de talents, tout en développant notre état d’esprit festif et familial en nous appuyant sur notre chance de bénéficier d’une ambiance protégée (notre station balnéaire), simple, un peu en dehors du monde… Et tout en favorisant le jeu, le plaisir, l’esprit de camaraderie, l’épanouissement de tous et le développement personnel. Côté effectifs, je souhaiterais moins trembler lorsque nous rédigeons les FME, avec des effectifs de 18 minimum par collectif. Enfin, et cela me tient à cœur, nous aimerions renforcer les relations pour travailler intelligemment avec les instances fédérales. Nous avons plein d’idées et je pense que certaines obligations fédérales devraient pouvoir être adaptées aux environnements locaux comme le nôtre. À ce titre, lors des 30 et 31 mai, nous aimerions construire un circuit ludique de visite de la ville du Touquet qui proposerait à chaque arrêt une réflexion sur les difficultés des relations entre les clubs et la Fédération. L’objectif étant d’identifier et de réfléchir tous ensemble à la mise en œuvre de bonnes pratiques. Affaire à suivre…
Article rédigé par Éric Delemazure
Publié le 27/05/26

