Rencontre avec Michel Catalano, président du Blanc-Mesnil Sport Hockey, à l’occasion du 50e anniversaire du club fondé par Nicole Debotte en 1976. L’occasion d’un tour d’horizon de ce club formateur de la Ligue Île-de-France, avec un personnage atypique et haut en couleurs.
Comment as-tu découvert le hockey ?
Michel Catalano : J’ai découvert le hockey à l’école, qui proposait une initiation, alors que j’étais plutôt tourné vers le football à l’époque. Mais j’ai tout de suite accroché à ce sport et j’ai pris ma première licence en 1976, année de création du club par Nicole Debotte, qui est restée présidente pendant 38 ans.
Joueur puis entraîneur au niveau Nationale 2, nous avons côtoyé le haut niveau et avons même eu plusieurs occasions de monter en N1 dans les années 1990… sans jamais y parvenir. (Il n’y avait pas de niveau Élite à l’époque, la N1 représentait donc le plus haut niveau français.) Mais là n’est pas l’essentiel.
Peux-tu nous présenter le club du Blanc-Mesnil Sport Hockey ?
Michel Catalano : Cette saison, 120 membres sont licenciés et pratiquent le hockey au club. Nous comptons également une cinquantaine de membres non joueurs, engagés dans une pratique de sport santé. Ils constituent une force essentielle pour notre club et participent activement à la vie associative, notamment par le bénévolat.
Nous fêtons cette année les 50 ans du club, que nous célébrerons notamment lors de la fête du club et de notre challenge Sevestre (date à préciser). Quand je pense que certains ne croyaient pas en notre projet à l’époque et nous prédisaient seulement quelques années d’existence !
Un immense merci à tous les entraîneurs pour le travail accompli, qui nous permet aujourd’hui de présenter deux équipes dans les catégories jeunes U8, U10 et U12.

Comment le club est-il organisé ?
Michel Catalano : Je suis président du club depuis le 1er janvier 2015. William Perrot, agent de développement, entraîne les jeunes et contribue à faire découvrir le hockey dans une trentaine de classes de la ville, soit environ 850 jeunes initiés chaque année.
Christine Valence assure le secrétariat et est responsable de la section féminine. Je souhaite également citer deux personnes importantes : Éric Girault, trésorier malgré son déménagement en Normandie, et Rachid Amrani, président du Comité Départemental 93 et vice-président du club.
À peine élu président, tu es confronté au drame terroriste de janvier 2015…
Michel Catalano : Oui, ma vie a basculé le 9 janvier 2015, au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo. Les auteurs de l’attentat se sont réfugiés dans mon imprimerie de Dammartin-en-Goële. Ce fut un traumatisme majeur… dont je me suis relevé grâce à ma famille, à mon travail et au hockey, qui m’ont permis de me reconstruire.
Je remercie profondément la communauté du hockey français pour son soutien durant cette épreuve.
Revenons au club et à son histoire.
Michel Catalano : Le club s’est fortement développé pour atteindre près de 200 licenciés à la fin des années 1990. Malheureusement, cette dynamique a été freinée par la suppression de notre terrain synthétique au début des années 2000.
Le terrain a été rénové avec un gazon inadapté (fibres trop longues), rendant la pratique du hockey impossible. Nous avons alors dû louer le terrain du CREPS de Châtenay pour les entraînements, jouer la majorité de nos matchs à l’extérieur, ou encore utiliser les installations de l’US Métro puis celles de Villiers-le-Bel, avec qui nous avons mis en place plusieurs ententes.
Difficile de se développer dans ces conditions…
Michel Catalano : Oui, mais nous avons tenu bon. Nous nous sommes accrochés et continuons à nous battre. Un projet devrait voir le jour à l’horizon 2027 avec la création d’un nouveau terrain synthétique par la ville.
Le Blanc-Mesnil est une ville très sportive, avec du haut niveau en judo, en tennis et dans d’autres disciplines. Notre projet s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Combien d’équipes compte aujourd’hui le club ?
Michel Catalano : Nous avons une équipe première féminine qui évolue en Élite salle depuis plusieurs années, entraînée par Fabien Tornabene. C’est une véritable vitrine pour le club et un atout pour la municipalité : reconnaissance nationale, visibilité, fierté et soutien accru.
L’équipe première masculine évolue en Nationale 2, en salle comme sur gazon. Nous avons également des équipes jeunes U12 et U14, ainsi que des ententes avec Villiers pour les autres catégories.
La vie du club s’organise principalement autour de la saison en salle, dans un équipement de grande qualité ayant déjà accueilli des compétitions de haut niveau.
(Équipe Féminine Élite Salle)
Et les relations avec les instances fédérales ?
Michel Catalano : J’ai occupé de nombreuses fonctions à la Ligue, au Comité Départemental et dans des commissions fédérales ces vingt dernières années. Aujourd’hui, je me recentre sur le développement du club et surtout sur le dossier du terrain, qui est essentiel pour notre avenir.
Tu es également partenaire de la Fédération ?
Michel Catalano : Oui, grâce à mon métier d’imprimeur, je propose différents supports : flocage, textile, kakémonos, impressions numériques… Nous travaillons dans une logique gagnant-gagnant : la Fédération bénéficie de tarifs optimisés, et nous gagnons en visibilité. C’est un partenariat que nous souhaitons encore développer.
Une dernière question : où vois-tu le club dans 10 ans ?
Michel Catalano : J’ai aujourd’hui 58 ans — et j’espère que ce sera avant dix ans ! (rires) Une fois le nouveau terrain en service, je pourrai passer la main avec un véritable outil de travail. L’objectif sera alors de dépasser les 200 licenciés et de présenter au moins une équipe dans chaque catégorie, des U8 aux masters.

(1) Lire « L’imprimeur de Dammartin » de Michel Catalano – Éditions du Cherche Midi
Propos recueillis par Éric Delemazure – mi-mars 2026

