Dans la peau, ou dans la tête

Dans la tête de Simon Martin-Brisac, c'est se plonger dans un tourment de sentiments contradictoires. Tout d'abord, les blessures physique et morale, qui le contraignent à ne pas participer à une Coupe du Monde historique avec l'Equipe de France (1ère participation depuis 1990). Un maillot Bleu qui représente tellement de choses pour lui et sa famille, joueurs internationaux de génération en génération. Malgré son combat contre la montre, son corps a dit non.
Mais Simon a plusieurs cordes à son arc et est aussi doué derrière les micros que sur un terrain. C'est donc avec beaucoup d'excitation qu'il entame une nouvelle aventure et qu'il vivra la Coupe du Monde à sa façon : il fera partager son expérience et sa connaissance du haut-niveau aux téléspectateurs de la chaîne L'EQUIPE. Ce journaliste de formation aura l'occasion d'écrire une nouvelle page de sa vie...avant de refermer celle concernant sa blessure et d'enfin rejouer au hockey.

Peux-tu te présenter ? Comment et où as-tu commencé le hockey ?

Je m’appelle Simon Martin-Brisac, j’ai 25 ans. Je suis né à Boulogne-Billancourt (92), dans la banlieue ouest de Paris. J’ai une grande soeur, Jessica, et un grand frère, Nicolas. Je joue au hockey sur gazon, au Racing Club de France (Versailles), depuis tout petit. J’ai fait toutes les catégories d’âge dans ce club avant de commencer à jouer en Élite, à 15 ans. Avec le RCF, j’ai été champion de France à trois reprises (2015, 2016, 2017). Un vrai bonheur. En parallèle de mon club, je suis joueur de l’équipe de France depuis mes 18 ans. Je compte actuellement 97 sélections et j’ai eu la chance de faire partie de la génération vice-championne du monde junior en 2013, en Inde. 
Le hockey sur gazon est pour moi, comme pour beaucoup d’hockeyeurs, une histoire de famille. Mon grand-père, Gérard Martin, a été gardien de but de l’équipe de France. Mon père, Thierry Martin, en a été le capitaine. C’est donc tout naturellement que j’ai commencé à jouer au hockey dès mon plus jeune âge sous l’oeil de mon grand frère Nicolas, lui aussi hockeyeur et ancien international. J’ai eu ma première licence au Racing Club de France quand j’avais 5 ans. 

 

Que fais-tu dans la vie ?

En ce moment, ce n’est pas très palpitant : genou, genou, genou… Je poursuis ma rééducation. Cela va bientôt faire un an, et c’est un travail à plein temps ! Avant de me blesser gravement en novembre dernier (rupture du ligament croisé antérieur et rupture du ligament latéral externe), j’étais censé commencer à travailler pour Canal+ en tant que journaliste dans le prolongement de mon stage de fin d’étude qui s’était bien passé chez eux. Malheureusement, mon accident - deux jours après la fin de mon stage - a tout annulé. J’ai gardé contact avec eux et j’espère pouvoir réintégrer Canal+ au début de l’année 2019. 

 

Dans moins d’un mois commence la Coupe du Monde de Hockey en Inde. Tu vas commenter les matchs sur la chaîne L’EQUIPE, qu’est-ce que cela t’inspire ? Quel sera ton rôle lors des retransmissions ?

C’est une très belle expérience professionnelle qui s’est présentée à moi et je n’ai pas hésité une seule seconde avant d’accepter. Cela va me permettre de vivre la compétition d’une manière tout aussi excitante même si j’aurais préféré être sur le terrain. Durant les rencontres qui seront diffusées sur La Chaine L’Équipe, je serai consultant au côté de Benoit Cosset, journaliste de la chaîne. Mon rôle sera d’expliquer le hockey, d’analyser les différentes actions, et de donner un avis technique tout en se faisant comprendre de tous. Un travail de pédagogie très important car si nous voulons que le plus grand nombre s’intéresse et se passionne pour notre sport et notre équipe nationale, nous devons leur expliquer le plus simplement les choses.

 

D’un point de vue professionnel, c’est une formidable opportunité. Raconte-nous comment cela s’est fait ? Appréhendes-tu ce moment ou tu es plutôt excité ?

Cela s’est fait très simplement. La Chaine L’Équipe m’a contacté via une personne avec qui j’avais travaillé lors d’un précédent stage. On m’a proposé ce poste de consultant. À l’époque, j’avais encore l’espoir de pouvoir participer à la Coupe du monde en tant que joueur donc j’ai donné mon accord sous réserve de non-participation à la Coupe du monde. Quelques semaines plus tard, je les ai recontactés pour leur annoncer que je pouvais bel et bien tenir mon poste de consultant étant donné que je n’irai pas en Inde. C’est drôle car je pense être dans le même état d’esprit que les 20 joueurs qui partent pour Bhubaneswar à savoir que cela une première pour eux comme pour moi. Un peu d’appréhension donc mais beaucoup d’excitation aussi. 

 

Comment vois-tu cette Coupe du Monde pour nos Bleus ? Comment analyses-tu notre poule et nos 3 adversaires (Nouvelle-Zélande, Espagne et Argentine) ?

Je pense que tout est jouable dans cette poule. Grâce au travail des cinq dernières années, nous sommes arrivés à un niveau où nous pouvons, sur un match, battre n’importe quelle équipe et cela malgré notre statut de Petit Poucet de la compétition. L’Argentine, championne olympique à Rio en 2016, semble quasi-intouchable mais pourquoi pas… L’Espagne et la Nouvelle-Zélande sont, en revanche, des équipes à notre portée aujourd’hui. Il faudra réaliser des matchs pleins et cela se jouera sur l’efficacité dans les deux cercles, notamment sur petit corner. C’est la dure loi du hockey moderne. 

 


L'absence de S.Martin-Brisac, assurément un coup dur pour les Bleus

 

De l’autre côté, tu aurais aimé sans aucun doute participer à cette compétition en tant que joueur. Comment as-tu évacué cette déception après l’annonce officielle de ton forfait ?

Je l’ai vécu comme une seconde blessure. Une coupe du monde, c’est le rêve de tout sportif surtout que nous, français, nous n’y avions pas participé depuis 1990. Depuis mon accident le 28 novembre 2017, j’ai tout mis en oeuvre pour participer à cette Coupe du Monde. C’était mon objectif et c’est ce qui m’a permis de tenir dans les nombreuses périodes de doutes et de me donner à fond pour revenir à temps. Je m’accrochais à cette Coupe du monde. En plus, l’histoire aurait été belle vu que la Coupe du monde débute un an jour pour jour après ma blessure. Mais voilà, il faut savoir écouter son corps et prendre les bonnes décisions en fonction de ce qu’il nous dit. Et là, vu mon état physique, je ne pouvais pas prétendre à une place en Équipe de France. 

 

Peux-tu nous dire où tu en es avec ta blessure ? As-tu une date de retour de prévue afin de jouer potentiellement la 2ème partie de saison Gazon avec le RC France ?

Aujourd’hui, j’en suis à onze mois de rééducation. Je suis sur « la fin » même si ce n’est jamais vraiment fini… Le travail consiste à combler le déficit musculaire qu’il me reste entre ma jambe gauche, la jambe opérée, et ma jambe droite. J’avais perdu 10 centimètres de tour de cuisse à gauche. Bref, je partais de loin. C’est donc essentiellement un travail en salle de musculation avec un renforcement spécifique de ma jambe gauche. Au delà du travail en salle, il y a tout un travail de course à réaliser en extérieur et sur terrain. Il faut que je réhabitue mon corps et mon cerveau aux efforts d’un sport tel que le hockey, notamment les changements d’appuis. Enfin, un travail cardio pour garder le rythme. Tout cela dans le but de reprendre la compétition avec le Racing Club de France début mars pour la reprise du championnat. 

 

Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de Simon Martin-Brisac ?

1 seul rêve: re-jouer au hockey.

 

Merci à Simon pour sa gentillesse et sa disponibilité. Vous pourrez le retrouver dans un petit peu plus de deux semaines sur LA CHAINE L'EQUIPE !

 

 

 

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