Dans la peau, ou dans la tête

Après avoir découvert le hockey en Allemagne, le petit Nicolas s'est envolé de son nid pour rejoindre la France afin d'y poursuivre ses études mais également le hockey. Habitant maintenant dans la région Auvergne Rhône-Alpes, il a gardé la passion de ce sport et essaie de la transmettre à qui le veut : clubs, comités départementaux, rien ne résiste à celui qui se définit comme "un homme de terrain" !

Puisque développer et faire progresser sont ses maîtres-mots, il a décidé de devenir agent de développement afin de faire grandir le hockey sur son territoire : l'accueil du Championnat de France des Régions -14 ans et d'un tournoi qualificatif national de jeunes sont des exemples parlants de cette progression.
Comment Nicolas Brand fait pour être au four et au moulin ? Car il a fait de sa passion, son métier afin que des enfants, ses enfants vivent de beaux moments à travers le hockey.
Ich wünsche Ihnen gute Lektüre…

 

Bonjour Nicolas, parles-nous un peu de toi et de ton lien avec le hockey ?

Actuellement je me prépare pour devenir agent de développement pour le comité bi-départemental Drôme-Ardèche. J’ai obtenu ces dernières années mes diplômes fédéraux jusqu’au DF3, ce qui me permet de valider déjà 75% du BPJEPS (nouvelle formule avec 4 unités). De ce fait, et après avoir consulté Jonathan Bernon, j’ai décidé de valider la dernière unité manquante par une VAE (Validation d’Acquis d’Expérience). Je l’ai écrite entre mai et décembre 2018, parallèlement à l’organisation des Championnats de France des Régions -14 ans qui ont eu lieu en Ardèche il y a à peine un mois et demi. C’était une période assez dense.

J’ai commencé le hockey à l’âge de 6 ans, à Lübeck, ma ville natale en Allemagne, à 60 km nord-est de Hambourg. Mon père était professeur d’EPS dans un collège-lycée de la ville. Pendant une formation interne de l’Education Nationale il a découvert le hockey : je pense que c’est le concept du sport collectif, sans contact et le côté technique, dynamique, précis qui l’a séduit. Il est devenu tuteur éducatif pour ce sport pour la circonscription et dans son établissement. Le reste c’est comme souvent une histoire de famille. Mon père a cherché les contacts du club local, mon grand frère a commencé à l’âge de 8 ans, j’ai observé un entrainement, et je ne voulais plus repartir à la maison avant d’être inscrit pareillement au club. Ma sœur a suivi. Aujourd’hui, nous sommes fiers de voir la prochaine génération commencer le hockey et les voir jouer ensemble à des petits tournois loisirs. La jeune génération Brand compte aujourd’hui une dizaine de petits hockeyeurs en Allemagne, France et Belgique.
Après être passé par toutes les équipes jeunes de mon club formateur, j’ai pu jouer en 3ème division avec les seniors. Des années géniales, avec un groupe et une entente avec des joueurs principalement formés au club, tous sur la même longueur d’onde.
Puis je suis parti pour continuer mes études et j’ai atterri à Rouen où j’ai joué avec l’ASRUC pendant 3 ans. Après avoir déménagé en Rhône-Alpes, je me suis retrouvé dans un territoire sans club. Après une année sabbatique, l’appel était trop fort et j’ai été adopté par le HC Grenoble, qui m’accueillait pour les matchs du weekend. J’y suis encore très attaché, même si j’ai arrêté de jouer en Nationale 2 avec eux. Aujourd’hui je fais des petits matchs de loisir salle en attendant que je puisse intégrer une équipe de vétérans. Au moins pour cette cause j’ai hâte de fêter mon 40ème anniversaire !

 

Tu es maintenant depuis plusieurs années dans la région Auvergne Rhône-Alpes où tu es dirigeant de club. Peux-tu nous détailler ton rôle ?

Au départ, ce n’était pas vraiment prévu que je sois président de club. Je me voyais plus en homme du terrain à encadrer et accompagner les jeunes. Je ne connaissais pas le fonctionnement associatif français et je n’étais pas du tout à l’aise pour approcher des instances pour parler du hockey. J’étais trop naïf, pas assez convaincant et seul dans mes démarches. La rencontre avec Sébastien Marzec, ancien hockeyeur d’Arras, a changé la donne. Il avait un réseau sur Guilherand-Granges, et moi un peu de temps pendant mon congé parental d’éducation. Il était prêt à prendre la présidence du club, mais a dû déménager à Grenoble pour des raisons professionnelles. En pleine lancée de notre association, je me suis retrouvé à sa tête et j’ai dû apprendre à être dirigeant, entraineur, accompagnateur, organisateur. Oui, aujourd’hui je suis un membre très actif dans toutes les créations de structure dans notre triangle Guilherand-Granges, Montélimar et Crest. Il ne faut surtout pas rester seul, si un club se crée dans un territoire vierge. La vallée du Rhône est un axe important, aussi bien démographique qu’industriel et commercial. Il relie les clubs des grandes villes de Rhône-Alpes aux clubs de PACA via Salon de Provence et Marseille. Stratégiquement il faudra continuer à se développer, à développer le hockey dans cet axe. C’est pour continuer à voir la progression passionnante que je souhaite devenir agent de développement. Pour la suite, j’aurai besoin de relais à la tête des structures, aussi pour renouveler les idées et l’esprit de chaque club.

 

Nicolas Brand entouré de jeunes hockeyeurs (1er en partant de la droite debout) 

 

Tu es donc investi dans des « petits » clubs où le travail de développement est important. Quels sont les axes de développement que vous privilégiez ?

Tout d’abord il faut s’accrocher et se réjouir de chaque pas accompli, aussi petit soit-il. C’est un sport absolument inconnu des élus et de la population. Alors faire sa place entre le foot, le rugby, ainsi que le hand et le basket, ce n’est pas évident. Faire le bilan après chaque année, même s’il y a des déceptions et des incompréhensions, permet de voir que nous avons avancé. Pas aussi vite que je le souhaite. A Guilherand-Granges c’est assez compliqué, aussi parce que nous nous trouvons à cheval entre deux départements, et que les flux de populations ne sont pas toujours très bien vus. Nous avons du mal à être connus et reconnus en Ardèche. Nous avons pu passer par les temps extrascolaires et des interventions scolaires, sans vraiment pouvoir crier victoire. Les résultats sont assez décevants. Nous arrivons à recruter un peu plus de monde au forum des associations et pendant des actions comme la fête du hockey au bord du Rhône. D’avoir pu organiser les Championnats de France des Régions -14 ans était une grande chance. Montrer qu’on existe, faire parler de nous dans la télé, dans les journaux, faire efficacement de la communication était un vrai défi et un pari : j’espère que nous pourrons en tirer profit pour augmenter nos effectifs.
Pour les jeunes structures de Crest et surtout Montélimar nous pouvons par contre compter sur un partenariat avec des établissements privés. Les interventions scolaires ont lieu tous les ans avec toutes les classes, et le réseau d’amis y joue beaucoup. Pierre Defosse, président de l’UMS Montélimar, a pu construire en très peu de temps le plus grand club de notre comité. Le potentiel de doubler les effectifs y est. Nous avons bon espoir de pouvoir y répondre favorablement en mettant en place un poste de salarié.
Il est aussi important de trouver des solutions logistiques pour encadrer des séances d’entrainement et accueillir les joueurs dans des conditions agréables. Nous avons fait le choix d’investir dans des jeux de bandes et de privilégier le hockey en salle, parce que nous avons pu avoir davantage de créneaux en salle, sans léser pour autant la saison sur gazon. Mais c’est l’axe du hockey en salle qui nous permet aujourd’hui d’avancer et de progresser.
La Drôme-Ardèche est aussi très prisée par nos amis belges et hollandais pendant la saison estivale, et un bon nombre s’y installe pour de bon. J’aimerais réussir à les attirer dans nos structures.

 

Le club de l’US Crest a également accueilli pour la première un Tournoi Qualificatif national. D’où est venue cette idée ? Quel est le bilan de la compétition ?

L’idée a pu devenir réalité grâce à l’élu au sport de la ville de Crest. C’est une personne très ouverte et très intéressée. Je lui ai présenté le projet de la création du club et dans la conversation nous avons pu parler un peu de la saison à venir, de la saison salle en particulier et des gymnases qui existent. Ayant un noyau dur de -14 ans assez performant je lui ai soumis mon idée de candidater pour un tournoi qualificatif national de cette catégorie-là : c’est toujours mieux pour un petit club d’organiser un tournoi où sa propre équipe pourra être présente. Ensemble nous avons réservé le gymnase pour tout le weekend à peu près un an en avance. J’ai contacté la FFH et j’ai soumis mon projet.
Les mots clé sont : la salle, communication, visibilité, inviter les élus. Organiser un tournoi ça puise dans les réserves, ça fatigue, c’est stressant, mais cela permet de faire un peu le buzz localement, et j’étais vraiment touché par les rencontres que j’ai pu faire : clubs, joueurs, accompagnateurs, visiteurs, élus, délégué technique, arbitres et parents. C’est très riche de pouvoir prendre le temps de discuter, de s’échanger.
Localement les gens découvrent qu’on existe, et les amis, voisins, copains de classe, collègues et autres intéressés peuvent visualiser un match, sentir un peu l’atmosphère.

Le bilan de cette compétition est très positif : pour commencer, j’ai appris pas mal de choses en étant organisateur, et pour moi ça a été aussi l’occasion de visualiser les procédures du côté de la fédération en aval et en amont, du délégué technique. Cela complète mes connaissances. Humainement c’était très riche aussi, avec des échanges et des discussions avec d’autres personnes, en dehors de nos rencontres sportives habituelles. Et sportivement nous sommes effectivement aux anges : notre entente avec Grenoble s’est qualifiée pour le tournoi final -14 ans garçons. Ce sont des jeunes qui jouent ensemble depuis 5 années. Je trouve cette possibilité extraordinaire : ni Crest ni Grenoble pourraient jouer seuls régionalement et certainement pas sur la scène nationale car nos effectifs sont trop petits. Donner cette possibilité aux ententes avec des règles strictes, je trouve cela excellent pour le développement. Nous allons donc jouer une demi-finale au championnat de France, les jeunes le méritent.

 

Tu es parallèlement investi au tout nouveau comité bi-département 26/07 (Drôme/Ardèche). Quel est ton rôle dans cette structure?

Je suis un des membres de création, mais l’objectif est de me retirer rapidement de son bureau. En effet, en tant qu’agent de développement, le comité sera mon employeur. Je travaillerai main dans la main avec les membres, pour construire les futurs axes d’intervention. Et un réseau de plusieurs petits clubs dans un périmètre concentré nous semble aujourd’hui la stratégie à adopter. Nous avons analysé ensemble que pour animer les petits clubs de notre territoire ce serait bien de pouvoir compter sur un salarié, pour seconder les bénévoles de chaque club. En effet les indicateurs de nos deux départements nous montrent que c’est intéressant d’investir notre énergie dans les écoles de hockey. Nous n’avons aucune faculté en Ardèche, et coté Drôme l’offre universitaire et académique est limitée. On risque de « perdre » nos jeunes après le bac pour des villes plus grandes. De ce fait d’avoir plusieurs petits clubs avec des distances relativement courtes nous aidera à construire le hockey de demain dans le 26/07. Le hockey adulte sera – pour l’instant – axé sur le loisir. En attendant que les jeunes talents d’aujourd’hui reviennent éventuellement un jour chez eux pour continuer le travail amorcé.

 

Nicolas Brand et sa famille de hockeyeurs

 

Comment arrives-tu à mener toutes ces activités de front ?

Je ne sais pas. C’est peut-être l’envie de faire de sa passion son métier. On a moins l’impression de travailler.
C’est l’envie de donner à des jeunes et à ses propres enfants la possibilité de célébrer ce magnifique sport, de ressemer un peu de ce qu’on a reçu par les personnes bénévoles quand j’étais moi-même petit hockeyeur. C’est l’envie de faire avancer cette cause, difficile mais passionnante de créer du hockey là où il n’y en a pas. Parfois je me dis quand même que ce serait plus simple d’aller dans un club où il y a déjà une structure, une logistique, où nous serions plusieurs personnes, plusieurs bras et épaules pour tout organiser et tout porter. Mais je me bats.
A part la motivation il y a effectivement les autres indicateurs de la vie professionnelle et privée à gérer. Pour les derniers mois, j’adresse un énorme merci à ma femme. Il est temps que je l’invite au restaurant et que nous recommencions à voir le monde au-dessus de mon ordinateur et de mon portable. Vivement les vacances de février avec neige et ski.

 

Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de Nicolas Brand ?

- Rêve en tant que dirigeant de club et de comité départemental?
Que nous trouvions des relais motivés et disponibles pour prendre la suite des associations sportives déjà créées et que nous arrivions à animer notre réseau pour atteindre nos objectifs de stabiliser - pourquoi pas doubler - les effectifs dans le 26/07 avec des infrastructures extérieures qui nous permettent d’accueillir et de continuer le développement.
- Rêve en tant que hockeyeur?
Faire un voyage (hockey) dans l’hémisphère sud ; rejouer avec mon frère ; jouer un match avec une équipe 100% Brand contre une autre équipe familiale de hockeyeurs.

 

Quelle est la question que tu évites de te poser pour ne pas te prendre la tête?

Qu-est-ce que je serais devenu si j’étais resté en Allemagne plutôt de vivre en France ?

 

 

Merci à Nicolas Brand pour sa disponibilité.

 

 

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