Dans la peau, ou dans la tête

 "Les Frenchies", c'est une nouvelle rubrique à retrouver chaque mois sur le site de la FFH, relayée sur nos réseaux sociaux et dans notre newsletter. Ce sera l'occasion de découvrir des joueurs et des joueuses, de tous niveaux, évoluant à l'étranger. Le niveau de jeu, les différences au niveau des infrastructures, des modes vie ou encore ce qui leur manque de la France, tous les sujets seront abordés.

Après Frédéric Gohlke à Hambourg, Les Frenchies se déplace plus au sud et rejoint Barcelone avec Thomas Bonfanti. Ce bordelais pur souche de 25 ans joue en Espagne depuis maintenant 2 saisons, qui plus est dans le mythique club du FC Barcelone. S'il n'a pas la même médiatisation que ses aînés du football ou encore du handball, la section Hockey sur Gazon fait partie intégrante de l'institution catalane.
Thomas s'est d'abord expatrié pour ses études d'ingénieur à Biarritz puis Bilbao avant d'atterrir à Barcelone pour une de ses premières expériences professionnelles. Et puisque le hockey n'est jamais loin pour ce joueur formé à Villa Primrose, c'est tout naturellement qu'il grimpe les échelons et progresse pour intégrer cette saison, l'équipe première du FC Barcelone.
Plongée dans le quotidien du blaugrana d'adoption...

 

Peux-tu te présenter ? Nous présenter ton parcours dans le hockey et hors hockey ?

Bonjour, moi c’est Thomas Bonfanti. J’ai quelques origines italiennes d’où mon nom, mais je suis bien un Bordelais de 25 ans expatrié à Barcelone depuis presque 2 ans. Je suis un grand fan de sport en général et je m’intéresse un peu à toutes les disciplines, qu’elles soient collectives ou individuelles.

Pour ma part, j’ai commencé avec le judo à l’âge de 5 ans, puis l’année suivante, grâce à un ami de l’époque, j’ai découvert par hasard le hockey sur gazon à la Villa Primrose. Dès le début, je suis littéralement tombé amoureux de ce sport atypique qui allie souplesse et cardio côté physique et dextérité avec le maniement de la crosse. Mon ami en a fait 3 ans, moi je ne me suis jamais arrêté.
J’ai fait l’ensemble de ma formation gazon et salle puis mes débuts chez les seniors au sein de la Villa Primrose pour un total de 18 années. Au début on jouait sur un terrain de handball en ciment, puis on est passé sur un terrain de foot naturel, pour terminer sur un vrai terrain de hockey synthétique arrosé. Pratiquement la totalité des matchs de ma jeunesse étaient des derbys contre « l’ennemi » géographique : les Girondins de Bordeaux.
Heureusement, pour changer la routine, j’ai pu participer aux championnats de France inter-région avec l’Aquitaine. A chaque fois, c’était une expérience enrichissante même si c’était difficile de rivaliser avec les grosses écuries comme Nord Pas de Calais, Ile de France ou Pays de la Loire. C’est d’ailleurs pendant un de ces rassemblements, que l’on m’avait proposé d’intégrer le CREPS de Chatenay-Malabry. J’avais malheureusement refusé la proposition notamment à cause de la logistique et de mon âge.
Mon plus beau palmarès en club, est une 4ème place au championnat de France U16 en salle. Ensuite, avec les seniors, j’ai commencé en Nationale 2 pour finir en Nationale 1 dont les voyages en direction du nord étaient devenus une habitude.
Depuis septembre 2018, j’ai intégré la section hockey du FC Barcelone.

En 2016, j’obtiens un diplôme d’ingénieur industriel généraliste de l’ESTIA à Biarritz. En même temps, j’obtiens un Master of Science sur la stratégie et la gestion industrielle avec l’école d’ingénieur de Bilbao.
Actuellement, je suis en VIE (Volontariat International Entreprise) en tant qu’ingénieur qualité dans une usine qui fabrique des raccords industriels.

 

 Tu as pris la décision de partir en Espagne depuis deux saisons. Quelles raisons t’ont poussé à faire ce choix ?

Même si l’envie d’une expérience à l’étranger avait toujours été présente dans un coin de ma tête, la décision finale s’est très vite prise puisque en un mois, je suis passé de bordelais à barcelonais. Plusieurs facteurs dont l’âge, le travail, les amis, et le sport ont fait que c’était selon moi, le moment idéal pour franchir le pas.
Le pays de destination était déjà tout trouvé parce que j’avais envie de confirmer par une expérience professionnelle mon diplôme espagnol. Par la suite, j’ai eu le choix entre Madrid, Barcelone et Saragosse, trois villes que je ne connaissais pas. Naturellement, mon choix s’est porté pour Barcelone du fait de la proximité avec la mer et du bon cadre de vie réputé.

 

Et pourquoi signer dans le club du FC Barcelone ? Peux-tu nous présenter ton club ?

Tout d’abord, je voulais absolument terminer proprement avec la Villa Primrose. Comme je suis arrivé au milieu de la deuxième partie de saison en Espagne, j’ai naturellement fini avec mon club de cœur la saison en cours. Ensuite j’ai profité de l’été pour m’intégrer et me promener mais à partir de mi-septembre j’ai ressenti un réel manque. Avec l’aide notamment de mon ancien manager, j’ai contacté des présidents de section hockey. Le premier retour que j’ai eu, était celui du FC Barcelone. C’était super motivant car le club est en ascension depuis plusieurs années. Une semaine après, j’ai fait un essai avec l’équipe 2 qui joue en première division régionale. Le courant est de suite très bien passé, j’ai donc signé.

Mon club d’adoption est le FC Barcelone. La marque et le nom ont une renommée mondiale mais ici en Catalogne il y a une forte admiration qui en fait une institution. Le club se compose de 6 sections professionnelles (Foot Homme, Foot Femme, Basket, Handball, Futsal, Roller Hockey) et 6 sections amateurs donc (Hockey, Rugby, Volley, Athlétisme, Hockey sur glace, Patinage).
Le club n’a pas de terrain lui appartenant mais loue les deux terrains des jeux olympiques de 1992 qui sont pratiquement au sommet du fameux Montjuic. Le point de vue est d’ailleurs exceptionnel et il se joue notamment les KO16 de l’EHL depuis plusieurs années.
En fonction des années, il y a entre 5 et 6 équipes masculines seniors et 3 féminines.


Thomas Bonfanti, sous les couleurs du mythique maillot du FC Barcelone

Quels sont tes objectifs avec celui-ci ? Comment se passe le début de saison ?

L’année dernière les objectifs étaient de m’intégrer dans le club, d’appréhender le système de jeu espagnol, et d’améliorer mon physique. Par chance, tout s’est bien passé et les entraineurs m’ont toujours tiré vers le haut. Cette année, j’ai naturellement poursuivi l’aventure avec le club cependant avec des objectifs plus élevés.
En effet, cette année, je suis dans le groupe de l’équipe première qui joue en Division de Honor A, un nouveau monde pour moi. Nous sommes 25 dans le groupe et automatiquement les joueurs qui ne sont pas sélectionnés pour le match de l’équipe 1 basculent dans l’équipe 2.
Les championnats n’ont pas commencé depuis très longtemps. Avec l’equipe 1, pour l’instant on vient de faire un match nul 1 chez Junior un concurrent direct. Avec l’équipe 2 on est premier avec 3 victoires en autant de matchs.

 

Quelles sont les différences principales entre Villa Primrose, ton club de cœur et ton club actuel (entraînement, composition de l’équipe, comparaison championnat français et championnat espagnol) ?

Le nombre d’entrainement est passé de 2 à 3 par semaine. Pour deux d’entre eux, il y a minimum 1 heure de physique avec un préparateur puis ensuite la partie technique. Le dernier est un mélange de stratégie avec les situations arrêtées et de technique individuelle pure avec les basiques.
Le gros changement est l’effectif, les différentes équipes fonctionnent en groupe de 20-25 joueurs. Chaque week-end il y a une sélection qui permet de tirer tout le groupe vers le haut. Les groupes sont homogènes et donc les rotations pendant les matchs sont plus fréquentes pour toujours donner 100% de soi sur le terrain.
La catalogne représente la moitié des clubs des championnats nationaux et ils sont souvent en haut de tableau. La première division est semi-professionnelle, plusieurs joueurs sont sous contrat. La visibilité est plus importante : par exemple, chaque journée il y a un match retransmis en direct à la télévision et les journaux locaux et nationaux informent des résultats.
En revanche, ce qui me manque ici au FC Barcelone c’est mon ancien club house avec tous les services qu’il proposait et les rassemblements hors entrainements que l’on avait pour divers événements.

 

Un mot sur la qualification de la l’Espagne aux dépens de la France pour les JO 2020 de Tokyo ?

Je suis à 100% bleu depuis toujours donc déçu. Il faut savoir que le capitaine de l’Espagne est également mon capitaine, donc la conversation d’équipe était bien rythmée. J’étais un peu esseulé mais ça ne m’a pas empêché de spammer à coup de drapeau tricolore, de coq, de vin, de baguette, j’étais très inspiré.
Cette fois-ci, il y avait vraiment un sentiment de frustration parce que ça ne s’est vraiment pas joué à grand-chose. Il faut surtout retenir la belle progression des équipes qui promet un bel avenir avec le plus beau des objectifs, les JO en 2024 chez nous.

 

Est-ce que tu te vois revenir en France ? Que peut-on te souhaiter pour les semaines et mois à venir ?

Dans l’immédiat pas vraiment, je commence à vraiment savourer le fait de vivre ici et il me reste encore plein de choses à voir ou apprendre. Après d’ici deux ou trois ans, je pense que je rentrerai en France.
Une bonne intégration dans l’équipe 1 et d’être moteur pour l’équipe 2. Bien évidemment de toujours apprendre des meilleurs joueurs européens en évoluant à leurs côtés ou en les affrontant.
J’espère également représenter du mieux possible, la famille française du hockey.

 

Merci à Thomas pour sa gentillesse et sa disponibilité. Rendez-vous le mois prochain pour un numéro qui devrait vous faire voyager au delà des frontières de l'Europe...

 

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