Dans la peau, ou dans la tête

Dans la tête d’un Bleu : Né avec les gènes du hockey, il s’organise pour « éviter les excès »... Pour autant son Joker pour la 3ème mi-temps, nous laisse à penser que le mythe est bien une réalité.  Rencontre avec (le futur) Docteur Ari à quelques jours du match France vs Belgique (Jeudi 19 Novembre à 15h au St Georges HC à Courtrai, Belgique). Un peu de baume au cœur pour se changer les idées... 

Aristide Coisne, 22 ans, ou Ari de son surnom en Equipe de France, c'est 37 sélections avec les Bleus, 1 titre de Vice-Champion du Monde junior, et une place en demi-finale du Championnat de France la saison dernière.

Il joue milieu en Equipe de France (ou ponctuellement arrière), et porte le numéro 24 avec les Bleus. En club, Aristide est milieu offensif et endosse le numéro 10 de l’Equipe première du Touquet AC. Passionné de musique, de médecine et surtout de hockey, Aristide Coisne est un gars simple attaché à ses racines, sa famille et ses amis. Il est fidèle à son club natal et aux spécialités culinaires de sa région (notamment le welsh) !

 

 

Avant toute chose, le hockey sur gazon : pourquoi ?
En fait je ne me suis presque jamais posé cette question. Je pense surtout que je n’ai jamais vraiment trop eu le choix ! Première crosse à 1 an dans le berceau, avant même de savoir marcher. Mes frères jouaient, donc j’ai suivi le modèle familial ! Théophile et Augustin, mes deux frères jouent aussi, on joue à trois en équipe première. Mon frère ainé Augustin a fait toutes les catégories jeunes en Equipe de France, mais il a arrêté l’équipe nationale à la fin de la catégorie U21. Mon père aussi (Bernard Coisne) est très impliqué dans le club. Il est vice-président maintenant mais il a plutôt un rôle de manager. J’ai toujours joué au Touquet, et je ne pourrais pas jouer pour un autre club !

Le hockey étant un sport amateur en France comment comptes-tu gagner ta vie ?
Pour pouvoir vivre de mon sport, il aurait fallu que je m’exile en Belgique ou au Pays-Bas...
Pour mes équipements de hockey j’ai un sponsor depuis l’année dernière. Je suis chez Osaka Hockey et pour 3 ans. Ils me fournissent tout le matériel dont j’ai besoin : crosses, chaussures, house, textile, en échange de quelques coups de pub. C’est vraiment un précieux soutien.
Moi j’ai plutôt choisi les études. Je suis en 5ème année de médecine cette année, si tout va bien il me reste encore 5 ou 6 ans d’étude. Ça me prend aussi beaucoup de temps mais bon c’est aussi une passion !
La médecine, comme pour le hockey, c’est surement dans mes gènes ! Mon père et mon frère Augustin sont médecins, ma mère infirmière, donc nous connaissons tous le domaine de la santé. J’étudie à la faculté de Lille 2, j’habite sur Lille à l’année. Je ne sais pas encore vers quelle spécialité je vais m’orienter, la cardiologie ou la chirurgie me plaisent, mais je vais devoir beaucoup travailler pour avoir le choix.

 

Quel a été ton parcours pour intégrer l’Equipe de France et racontes nous tes débuts avec les Bleus ?
J’ai eu la chance de faire partie très tôt de l’équipe première de mon club, qui évoluait déjà en Elite. Je me suis fait mes armes directement au plus haut niveau national en ayant du temps de jeu. C’est dans le championnat que les sélectionneurs des Equipes de France jeune m’ont repéré, et puis j’ai fait toutes les catégories. J’ai accroché le wagon de la génération 92. Juste après la Coupe du Monde junior, une partie de l’équipe a intégré les A.
Ah mon premier match c’était contre la Belgique à Courtrai en avril 2014, et mon premier but en équipe de France ! Ça on s’en souvient forcément ! Bon c’était un amical et on a perdu mais un très bon souvenir !!

Etre sportif de haut niveau comment ça se traduit au quotidien?
L’année dernière, pendant la préparation pour les tournois qualificatifs, c’était entrainement presque tous les jours. Un, voire deux entrainements du PNP par semaine, avec toujours une séance technique. Deux séances de musculation. Et deux entrainements de club, une séance physique et un entrainement plus conventionnel. Le seul jour de repos c’était le samedi ! Mais tout ça variait en fonction des compétitions. Cette année les PNP n’ont pas encore repris et je n’ai plus le temps de faire de séance de musculation...
En dehors de tout ce qui est entrainement quotidien ce qui m’a le plus marqué c’est l’alimentation et le sommeil. Surtout pour moi, essayer d’éviter les excès, mais bon sans faire une croix sur les petits plaisirs non plus. Pareil pour le sommeil, éviter les excès aussi !

95 jours de stage, 35 jours de compétition, 49 matchs internationaux, et tout ça uniquement pour ta saison d'international, comment t’organises-tu ?
Justement c’est la solution, l’organisation. Les programmes sont édités assez longtemps à l’avance. Et puis ma fac a très bien compris le problème et le statut de sportif de haut niveau me donne des avantages considérables. Je peux choisir mes stages hospitaliers toujours en premier. J’ai donc pu choisir mes stages en fonction des compétitions et de ce qui me plait.
Je peux aménager ma présence en cours et en conférences en fonction du programme de l’Equipe de France, mais j’ai l’obligation d’être présent pour les examens. Après le travail personnel est le même pour tout le monde. Ça n’a pas toujours été reposant mais c’est le jeu !

Avec le recul, quelle est ton analyse sur le parcours de l'Equipe de France cette dernière saison ?
Du recul, j’ai l’impression de ne pas en avoir encore assez ! On a eu des hauts et des bas, mais c’est sûr que l’on n’a pas fait une mauvaise saison, loin de là... mais on est encore trop juste pour aller embêter le top 10. La progression au haut niveau se fait centimètres par centimètres, mais quand on est jeune on aimerait aller plus (trop?) vite.

Comment se déroule la journée type d’un Bleu en compétition un jour de match ?
Tout dépend de l'heure du match. Je préfère les matchs en fin de journée, même si on tourne un peu en rond, on peut discuter du match tranquillement autour d’une partie de carte ou d’un café. Sinon le protocole est toujours le même, et chacun a ses petites habitudes. Le repas se prend environ 3h30 avant le match. On aiguise son stick, on refait le grip, petite sieste, douche, on prépare son sac (toujours à la bourre parce qu’on est en retard), on monte dans le bus, on se retrouve tous dans le vestiaire, causerie d’avant match et puis c’est parti ! Fin de match, RECUP’ ! C’est retour au calme avec deux petits tours de terrain, un pot de Lactel, bain de glace. Tout le monde refait un peu le match, parle des actions que l’on a ratées, celles où on a eu chaud. Au retour on essaye de se retrouver une bonne partie dans la chambre du kiné pour la recup’, massage, électrostimulation ou juste pour embêter notre Seb (Sébastien Le Bris) national !

Comme les grands champions, as-tu des rituels d'avant match ?
Je ne suis pas du genre à mettre toujours le même caleçon (hein Francois ?!) ni à mettre la chaussure droite en premier... J’aime bien aller taper dans la main de mes co-équipiers dans les dernières minutes de l’échauffement, histoire de motiver un peu les troupes !

Une anecdote en Equipe de France ?
Plutôt un conseil, ne jamais se mettre à côté de Babou (Jean-Baptiste Forgues) quand on chante les hymnes. Non pas qu’il ne chante pas bien, mais il a gardé quelques séquelles de ses années de chorale, il chante avec des trémolos, difficile de garder son sérieux à côté de lui !

La saison internationale s'est terminée le 31 août comment un hockeyeur de haut-niveau gère-t-il l'intersaison ?
La meilleure chose à faire était de prendre un peu de repos, pour essayer de repartir à zéro, se vider les esprits. La saison a été longue. Personnellement j’avais une semaine de stage hospitalier et 3 jours chez moi au Touquet. Pas suffisant pour couper complètement, mais ça se prend. Apres je suis revenu dans mon club qui avait déjà repris.

Le 19 novembre, Jeudi, l'Equipe de France rencontre la Belgique en match amical comment prépares-tu cette rencontre ?
Même si cela reste un amical en dehors de toute préparation pour une compétition, jouer la Belgique c’est toujours spécial. Beaucoup de Français jouent en Belgique, et c’est une équipe que l’on accroche souvent. Personnellement je ne vais pas changer grand-chose dans mon quotidien, le travail a déjà été fait bien en amont. Juste bien dormir, bien manger et bien s’hydrater comme d’habitude.

Quels sont les objectifs de ce match face aux Red Lions potentiels médaillables aux prochains JO ?
Même si nous ne sommes plus dans la course aux JO, ce match permet de nous mesurer aux meilleurs. L’objectif c’est la victoire, impossible de rentrer sur le terrain sans avoir cette hargne pour gagner. C’est aussi une occasion de revoir tout le groupe, et tous les copains.

Quels sont tes objectifs sportif, professionnel et personnel pour les prochaines années ? Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Sportivement, l’objectif reste la qualification aux JO, tôt ou tard mais je suis persuadé que nous y arriverons. Pour les études, je ne sais pas encore vers quelle spécialité je vais me diriger, la cardiologie ou la chirurgie me tentent bien, donc j’espère avoir le meilleur classement possible à l’examen national dans 2 ans pour pouvoir avoir le choix.

Si Aristide Coisne l’avait écrite, quelle serait la 13è question de cette interview ?
Et sinon la troisième mi-temps au hockey, mythe ou réalité ? JOKER !

Finalement qu’est-ce qui aide le plus avec les filles : être dans la peau d’un futur docteur en médecine ou dans la peau d’un joueur de l’Equipe de France ?
Honnêtement, je ne sais pas trop, faudrait demander aux principales intéressées. Mais bon l’important c’est que ça marche !

 

France  vs Belgique : Jeudi 19 Novembre à 15h au St Georges HC à Courtrai, Belgique

(c) WorldSportpics - D. Bertin 

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