Dans la peau, ou dans la tête

Marie Anne Demortier est arbitre en France, mais cet été elle a connu sa première désignation européenne en tant que juge à l’EuroHockey Championship III Dames. La professeur des écoles nous raconte cette première expérience en Croatie. 

 

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Comment et quand as-tu commencé le hockey?

J'ai longtemps côtoyé les bords des terrains de hockey depuis que je suis toute petite mais j'ai commencé à jouer il y a 4 ans suite à une occasion d'aller voir des matchs en Coupe d'Europe des Nations en 2013.

En parallèle de jouer, je me suis également mise à l'arbitrage depuis 2 ans avec des désignations aux finales jeunes et finales N3H.

Comment en es-tu arrivé à devenir juge européen ?

Avant de devenir juge européen, j'ai d'abord été nommée par la CNJA en tant que juge local à plusieurs Coupes d'Europe organisées en France. La toute première fut la Coupe d'Europe des Nations U21 Filles à Lille. J'avais alors 16 ans. La CNJA m'a ensuite proposée en 2016 pour une formation juge européen qui se déroule tous les ans à Bréda (NED). Il s'agit de l'étape obligatoire pour pouvoir officier en tant que juge européen. Suite à cela, j'ai été mise sur la liste européenne et eu ma première désignation cet été en Croatie.

Est-ce difficile de concilier cette passion, ta vie professionnelle et familiale ?

Il est évident que ce n'est pas toujours facile car je ne peux pas me libérer quand je veux en raison de mon travail de professeur des écoles, sauf si j'ai un inspecteur très conciliant. Mes désignations doivent donc tomber lors des vacances scolaires, sinon il m'est impossible d'accepter une désignation. Côté famille, étant issue d'une famille de hockeyeur, vous imaginez que cela ne pose aucun problème.

Tu reviens de Croatie à presque 1500km de la France suite à l’EuroHockey Championship III (Dames). Peux-tu nous parler de cette compétition? Quel est ton ressenti après cette nouvelle expérience au niveau européen ?

Ma désignation en Croatie fut la première désignation européenne et celle-ci se déroulait sur le même lieu que le Championship III Hommes. Pour le tournoi féminin, il y avait 5 nations et il se déroulait sur 7 jours, et pour lequel il y avait 1 Directrice de Tournoi (« TD »), 1 adjointe (« Technical Officer »), 1 juge EHF et 2 juges locaux. J'ai été désignée 7 mois avant le tournoi en tant que juge EHF et fort heureusement cela tombait pendant les vacances scolaires.

Quel était ton rôle sur place ? La journée type d’un juge ?

Il y a différents rôles pour un juge, qu'il soit avant le début d'un tournoi ou pendant.

Par exemple, avant le tournoi j'ai été sollicitée par la TD pour désigner les couleurs (maillots, jupes, chaussettes, GK) de toutes les équipes pendant toute la durée du tournoi. L'autre rôle important est la veille du début du tournoi avec le « Passport and Equipment Check ». Je me suis occupée de contrôler la validité des passeports, l'identité des joueuses, et leur âge. Ce rôle est d'autant plus important qu'il s'agit de la qualification en équipe nationale.

Ensuite vient mon rôle pendant le tournoi en lui-même et la journée type en Croatie :pour chaque match, sont désignés 1 TO + 2 juges. La TO a la responsabilité de la gestion du match et les juges gèrent la table technique, à savoir l'un sur la gestion du temps du match et l'autre sur le « Tournament Management System » ou TMS, un logiciel de gestion de feuille de match qui permet de gérer les changements de joueurs, buts, cartons, etc. en live. Chaque jour, un juge peut être désigné une ou deux fois. J'ai eu la chance de pouvoir être désignée TO sur 3 matchs, à savoir l'organisation pré-match autour du terrain et pour les équipes, la communication des consignes du match avec le chef d'équipe, et la gestion pendant le match concernant les changements de joueuses, la discipline, etc.

Tu as pu échanger avec les autres officiels lors de la compétition ? Qu’est ce qui ressort en particulier de ces échanges ?

Les autres officiels et arbitres viennent de tous les pays d'Europe comme l'Italie, l'Angleterre, la Turquie, l'Allemagne, l'Espagne, la Biélorussie, etc. Les officiels et arbitres vivent ensemble pendant toute la durée de la Coupe d'Europe et, par la force des choses, il y a toujours des échanges fructeux, surtout lorsqu'il s'agit d'échanger sur les règlements, la gestion des arbitres et offciels, et l'organisation des championnats dans chaque fédération de hockey.

Bien évidemment, il y a aussi tout l'enrichissement sur la rencontre d'autres cultures et des échanges humains qui contribuent à la cohésion d'une véritable équipe d'arbitres et officiels.

 

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D’un certain point, tu représentes le hockey français à l’international, est-ce une pression supplémentaire ? Comment sont vus les Français dans le hockey international ?

Effectivement, toute personne désignée en Coupe d'Europe représente son pays et je suis heureuse de voir que la France est bien représentée et à tous les niveaux, et que les arbitres et juges sont bien considérées dans le monde du hockey. L'image que nous véhiculons est primordial quelle que soit la fonction que nous tenons et nous nous devons d'être exemplaire que ce soit en France ou à l'international. Il n'y a pas vraiment plus de pression à part la volonté de représenter la FFH et la CNJA au mieux.

Quel est ton meilleur souvenir lors d’un tournoi européen ? Ton plus mauvais ou celui qui t’as posé le plus de difficultés ?

Dans la mesure où je suis encore novice en tant qu'officiel, je n'ai pas forcément un souvenir plus marquant qu'un autre, sachant que j'essaie de profiter de chaque tournoi pour améliorer mes connaissances en règlement et règles du jeu, et savoir les appliquer au mieux et le plus efficacement possibles. Je n'ai pas de mauvais souvenir car j'essaie de tirer du positif de chaque instant. En revanche, la plus grande difficulté pour le moment a été ma désignation en tant que TO et la prise de décision à l'instant T et l'impact que cela peut avoir sur un match. Pour ne citer que deux exemples, un coach trop virulent envers ses propres joueuses et une trop forte chaleur lors d'un match (+40° sur le terrain).

Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de Marie-Anne Demortier : Rêve en tant que DT/Juge ?

Je n'ai aucune prétention à part pouvoir continuer à représenter la France à tous les niveaux et quel que soit le rôle, et pourquoi pas connaître un ou deux tournois FIH afin de côtoyer le plus haut niveau possible. Plus personnellement, utiliser mes connaissances européennes au niveau national lorsque j'officie en tant qu'arbitre.

 

 

 

 

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