Equipe de France masculine

Le hockey étant toujours amateur en France, trouver un métier n’est pas chose facile pour nos internationaux Français. Arthur Thieffry, gardien de l’Equipe de France et des cages Belges de l’A.R.A La Gantoise H.C, vient d’être le premier sportif de haut niveau embauché chez Eurotunnel en tant qu'animateur prévention. Interview

 

 

Comment s’est organisée cette embauche ?

Le ministère des sports a sollicité Eurotunnel pour qu’ils embauchent des sportifs de haut niveau. La Fédération les a contactés. J’ai reçu un mail avec les coordonnées de la responsable communication d’Eurotunnel, qui m’a expliqué leur souhait d’embaucher pour la première fois un sportif de haut niveau. J’avais déjà une expérience similaire sur mon CV, avec un de leur sous-traitant, donc mon profil les a d’autant plus intéressés. Ensuite, tout s’est fait très rapidement : nous avons échangé en mars, début avril le rendez-vous était pris et mi-avril je débutais. Les élections y sont surement pour quelque chose (rires).

 

Concrètement, cela se déroule comment ?

J’ai un contrat classique sur lequel est rattaché un avenant, où se trouve le planning de l’Equipe de France. Ceux-ci ont été signés et validés par Eurotunnel, le ministère des sports représenté par Bertrand Reynaud et moi-même. Pour l’entreprise, deux options s’imposent : soit Eurotunnel reçoit des subventions du Ministère des sports lorsque je suis en stage, soit il défiscalise leur perte causée par mon absence, de leurs impôts. Pour ma part, je reste payé même quand je suis avec l’Equipe de France. C'est une bonne chose pour les deux parties.

 

Au niveau de votre organisation personnelle, est ce difficile de combiner le travail et le hockey ?

C'est plus pénalisant côté club. Lorsqu’il faut enchaîner la semaine de travail et la semaine d’entrainement, il y a des jours où la fatigue se fait ressentir. Quand j’ai entrainement, c’est-à-dire trois fois par semaine, à la Gantoise en Belgique, ma journée ressemble à cela : Je prends le train qui part à 8h de Lille, je suis obligé de le reprendre à 16h30 le soir pour pouvoir passer chez moi avant de repartir 30 minutes plus tard à l’entrainement. Je m’entraine de 19h jusqu’à 22h, donc souvent, il est 23h, je viens de rentrer et je n’ai toujours pas mangé. Le lendemain ça recommence. C’est un rythme à prendre.

 

Pourquoi ne pas avoir essayé d’être professionnel dans ton club, la Gantoise, en Belgique ?

Nous sommes très peu à jouer en Belgique, et les professionnels français se comptent sur les doigts de la main. C’est extrêmement difficile ! En plus, je n’ai pas encore la légitimité pour demander à mon club d’être rémunéré : je viens d’arriver en Equipe de France, les Belges ne me connaissent pas encore assez. J’aurais pu être entraineur et me faire rémunérer, mais je ne voulais pas faire du hockey non-stop.

 

Comment un joueur dans votre situation peut-il s'organiser pour gagner sa vie tout en continuant le hockey ?

Il faut trouver une solution. Au début, je travaillais dans une petite boite en mi-temps, mais ce n’était pas assez pour subvenir à mes besoins. L’autre solution, c’est l’intérim. J’avais commencé mais c’est assez compliqué : ce n’est pas totalement sûr. Il faut qu’il y ait du travail, mais aussi que les dates concordent bien. Par exemple, en ce moment ça aurait été presque impossible car le planning des compétitions est très chargé : nous sommes là que deux semaines en mai, une en juin et une autre en juillet.

 

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Justement avec cette grosse période de préparation, et la Word League en juillet, comment appréhendez-vous la combinaison avec le travail ?

Plutôt bien, même si je n’aurai pas de temps de repos entre les stages. Au travail je suis mis en avant là-dessus, vu que je suis le premier sportif de haut niveau chez Eurotunnel. Mais cela va être assez marrant car ils ne savent pas comment gérer ça, et moi non plus. Souvent on me pose des questions pour en savoir plus sur le hockey, sur la compétition. Ils sont impressionnés de voir que je joue contre la Chine, ou d’autres pays comme celui-ci. On se rend quand même compte que notre sport intéresse, même s’il est très peu médiatisé. Je pense que ça va être appréciable de raconter l’aventure du hockey français à des gens lambda.

 

Quel conseil pourrais-tu donner à des jeunes qui rêvent de faire du hockey leur vie ?

Il faut toujours continuer à gravir les échelons petits à petits. Le hockey c’est d’abord une passion avant d’être un métier, mais il y a toujours un moyen de s’organiser pour en faire une priorité. Personnellement, je suis en Equipe de France et j’ai un travail chez Eurotunnel, mais j’ai dû faire des concessions : mes amis je les vois très peu, car mes vendredis et mes samedis soir sont pris par le hockey.

En France, on a cette « chance » de ne pas avoir beaucoup de licencié. Donc, à partir du moment où l’on va tout donner, il y a un moyen de percer quelque part. C’est ce qu’il s’est passé pour moi : je n’ai pas fait de sports études, je n’ai pas été détecté dans les équipes jeunes, il y a juste un moment où je me suis dit qu’il fallait que je passe au niveau au-dessus, l’Elite. Là, j’ai été repéré par l’Equipe de France, d’abord sans y être réellement, juste aux regroupements, puis une fois que j’ai gagné ma place, j’ai encore franchi un pas en allant dans notre pays voisin, la Belgique, où le championnat est d’un meilleur niveau.

 

 

Pour aller plus loin : visionnez le reportage de BFM TV sur la double vie d'Arthur Thieffry

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